Yaar et Anima, explorations sensibles, sensuelles et poétiques

Simon Gillard a suivi une formation de cinq ans en réalisation Cinéma à l’INSAS. Il y a réalisé deux films qui ont été remarqués dans de nombreux festivals : « Anima » et «Yaar». Nous avons eu l’occasion de l’interviewer en juin dernier, de retour des repérages du film qui clôturera la trilogie.

Yaar

Yaar

« Anima » a été réalisé dans le cadre d’un échange avec l’Institut Supérieur de l’image et du Son (ISIS) à Ouagadougou, au Burkina Faso, dans le cadre des Regards croisés. C’est l’histoire d’un voyage onirique aux sonorités entêtantes, celui d’une âme qui traverse par les airs un village de l’Ouest Africain. Lors du festival Filmer à tout prix, Marie Bergeret, rédactrice et membre du jury Format Court, y voit « un film qui relie avec Brio les gestes quotidiens à des sentiments universels. Un film sans concession, visuellement intense, direct et poétique ». Quant au jury des ateliers d’accueil WIP-CBA, il en a ressenti un plaisir sensoriel total: « la dynamique et la relation intime au sujet nous ont impressionnés avec une puissance hypnotique ».

« Yaar », le second film de la trilogie, toujours réalisé dans le cadre d’un échange avec l’ISIS, et produit cette fois par l’Atelier de réalisation, accompagne les orpailleurs qui creusent, nuit et jour, à la recherche d’un avenir qu’ils espèrent meilleur. À l’occasion de la 55ème édition du Festival international du film documentaire de Florence, le jury du « Prix Gian Paolo Paoli pour le meilleur film ethnoanthropologique » a salué « une exploration sensible, sensuelle et poétique des relations d’un peuple à sa terre, dangereusement exploitée. Un film qui trace une fine, mais puissante ligne d’ambiguïté qui amène la perception elle-même à l’état de composant essentiel du cinéma ethnoanthropologique. »

Comment est venue l’idée de faire une trilogie ?
L’idée du premier film n’est pas venue directement. Je suis allé au Burkina Faso quand j’avais 18 ans. J’ai eu une histoire d’amour assez forte avec ce territoire, et y suis retourné. Mais c’est le hasard qui m’a ramené une fois encore au Burkina, avec un échange scolaire organisé par l’INSAS. C’était, pour moi, une nouvelle façon de voir le terrain, de vivre des relations à travers la caméra, et de tourner d’une manière totalement libre, sans encadrement, ce qui change des exercices d’école. J’y ai découvert une façon de filmer que je n’avais jamais pratiquée auparavant et qui m’a beaucoup plu. Mais c’est au moment du montage que j’ai compris qu’il y avait la possibilité d’un film, au hasard des rencontres.

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Théâtre – Prix de la Critique 2015

Cette année, les Prix de la Critique ont salué plusieurs générations de l’INSAS : des Espoirs au Prix Bernadette Abraté, pédagogue et anciens étudiants ont été récompensés.

Eline Schumacher (Interprétation dramatique, promotion 2013) a reçu le Prix de l’espoir féminin pour Katzelmacher (Le Bouc); Manger des épinards, c’est bien, conduire une voiture c’est mieux; Mathieu Besnard (Interprétation dramatique, promotion 2009) a reçu le Prix de l’espoir masculin pour La Cerisaie ; L’enfant-colère; Jean-Marie Piemme a été distingué du Prix Bernadette Abraté pour l’ensemble de son œuvre d’auteur de théâtre.

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XYZ – The City Hunter, Prix du public au FIFF

XYZ - The City HunterLe film de fin d’études « XYZ – The City Hunter » de Tikal (Maxime Hourdain) a reçu le Prix du public au Festival International du Film Francophone de Namur 2015 (FIFF). Inspiré du shōnen manga écrit et dessiné par Tsukasa Hōjō. Tikal (c’est un nom d’emprunt) a d’abord suivi un parcours en montage, avant de proposer le projet de son film.

Pourquoi un film hommage ?
« XYZ – The City Hunter » est un manga célèbre de Tsukasa Hōjō dans les années 1980 et qui est arrivé en Belgique plus tard, début des années 90. Il fait partie de la génération des mangas comme Dragon Ball, les Chevaliers du Zodiaque, Sailor Moon. J’ai grandi avec tout ça. Cette année, en 2015, c’est les 30 ans de l’œuvre. Ces mangas m’ont donné l’envie de faire du dessin, de me diriger vers la bande dessinée, et puis le cinéma. J’avais envie de réaliser un film hommage à cette génération, et plus particulièrement à City Hunter, qui est un de mes mangas favoris.

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Chantal Akerman – 5 octobre 2015

« Chantal Akerman vient de disparaitre laissant non seulement une filmographie impressionnante et multiple se jouant de tous les cloisonnements et de toutes les étiquettes, fiction, documentaire, long ou court-métrage, installation, vidéo, comédie, essai, laissant surtout une œuvre qui se tient à l’avant-garde de la modernité, bousculant les arcanes classiques du récit, s’appropriant une syntaxe cinématographique faite de longs plans fixes, de panoramiques tout aussi longs circulant dans une radicalité qui réinvente cadre et décadrage. Et Chantal au centre convoque sa mère, figure première et prégnante, sa judéité, la solitude, sa hantise de l’enfermement, son corps et le poids du monde.

Dans les mois turbulents de 68, elle entra à l’INSAS pour en sortir tout aussi tôt et y revenir en 1982 pour conduire avec les étudiants de quatrième année un travail de réalisation Hôtel des acacias.

La Cinematek programme  au Flagey une dizaine de ses films, ce qui permet de voir ou de découvrir l’importance de cette cinéaste bouleversante qui a bouleversé  les décennies qu’elle a traversées avec une liberté déflagratrice. »

Merci à Jacqueline Aubenas d’avoir su trouver les mots pour évoquer Chantal Akerman. Toutes nos pensées vont à sa famille et ses proches.

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