Ciné-Club / Coyote, I Like America and America Likes Me

Le ciné-club projette la performance de Joseph Beuys filmée par Helmut Wietz, Coyote, I Like America and America Likes Me (Allemagne, 1974, 37min) , clôturant ainsi son Cycle « Restes de Burlesque ». Le film sera projeté ce mardi 1er mars à 19h00 en Salle 35mm à l’Insas Thérésienne.

Coyote est un film mythique : il capte la performance éponyme ultra-connue que Joseph Beuys exécuta en mai 1974. Voici le principe de cette performance : on vient chercher Jospeh Beuys, artiste reconnu, dans son pays natal, l’Allemagne. On l’enveloppe dans du feutre, sa matière fétiche, et on le charge dans une ambulance, direction l’aéroport. On charge le Beuys dans un avion en partance des Etats-Unis. Arrivé aux States, une ambulance récupère le paquet et le livre à une galerie. Beuys est alors enfermé dans une grande cage pour une semaine, cage qu’il devra partager avec un Coyote bien vivant et vivace.

A force de raconter cette performance et de l’analyser sans jamais la voir, l’image qu’on s’en fait est celle d’un court-métrage glauque, violent et un brin intello-concept. Et, oui, c’est intelligent, oui, c’est féroce, mais c’est surtout à crever de rire : le coyote mérite un oscar du meilleur acteur, et Beuys reprend le flambeau burlesque haut la main avec sa dégaine « je-suis-enroulé-dans-du-feutre-et-j’ai-un-bâton-de-berger-pour-me-défendre ». Il n’y avait pas de meilleur film pour conclure le cycle : Beuys rend ses lettres de noblesse au burlesque, crée le rire de par son inadéquation avec le milieu dans lequel il évolue et renoue avec la fondamentale férocité politique du genre. Bref, une belle remise à jour de ce que furent les slapsticks muets.

Ciné-Club / Les Busters + The Paleface

Le Ciné-Club poursuit son cycle « Restes de Burlesque » avec une double projection, ce mardi 22 février en salle 35mm.

Au programme :
19hLes Busters, Christelle Lheureux, 22min (France, 2006), DVCAM
19h30The Paleface (Malec chez les Indiens), Buster Keaton, 22min (USA, 1921), DVD

Les Busters font partie de ces films qui reposent sur une seule idée, très simple mais si riche qu’on aimerait l’avoir eu : Lheureux filme deux enfants qui regardent The Paleface de Buster Keaton. Nous ne verrons rien du film et nous ne pourrons que l’imaginer à partir du récit que font les enfants entre deux crises de rire. Notons qu’il n’y reste plus grand chose du burlesque, si ce n’est le rire qu’il provoque et des réflexions enfantines comme « mais il est trop bête », sorte de noyau dur d’un genre trituré, magnifié ou simplifié, au cours d’un siècle de cinéma.

Christelle Lheureux est une de ces plasticiennes qui a dévié vers le cinéma par le biais de la vidéo et une étape au Fresnoy. Après des premières vidéos maladroites, elle a enchaîné des films curieux et plutôt passionnant. Elle s’est inscrite dans la lignée d’un Pierre Huyghes en choisissant de retravailler les films et les genres cinématographiques existants : elle filme un plateau télé de Loto comme une maison hantée (Bingo Show) ou remet en scène intégralement un film de Mizoguchi avant de demander à divers écrivains de jouer le rôle de bonimenteur un peu fou (L’Expérience Préhistorique). On peut découvrir une part de son travail sur le site www.pointligneplan.com, structure de diffusion parisienne spécialisée dans ce genre de vidéo aux frontières de l’art contemporain et du cinéma, et qui a fourni la copie du film au Ciné-club.

La projection sera suivie du film de Keaton dont il est question, The Paleface.

Ciné-Club / Tant qu’on a la santé

Ce mardi 8 février à 18h, le Ciné-Club poursuit son cycle « Restes de Burlesque » avec la projection en salle 35 du film « Tant qu’on a la santé » de Pierre Etaix (1966).

Pour ceux qui auraient raté l’engouement récent pour Pierre Etaix, et qui auraient évité les multiples invitations à signer la pétition pour le déblocage de ses films, un petit rappel s’impose : Pierre Etaix fut le gagman de Jacques Tati, collabora avec Jean-Claude Carrière et sévit encore aujourd’hui, entre autres à la télévision, notamment depuis cette année avec Jules-Edouard Moustic dans le beau pays du Groland. On le présente en général comme LE burlesque français des années 1960-1970 qui, dans l’ombre de Tati qui avait digéré le genre, donnait une idée de la survivance de ce type de cinéma dans une perspective plus brute.

S’il est resté méconnu jusqu’il y a peu, c’est parce que ses films ont été interdits de diffusion pendant presque 40 ans pour une sombre histoire d’ayant droit. Cette séance-ci ne montrera donc pas de restes du burlesque, mais un film qui, 50 ans après la naissance du genre, ne l’a guère digéré.

Le film choisi, tiré du coffret DVD sorti ce Noël, est une sorte de « film à sketch » puisqu’il se divise en 4 parties bien distinctes, selon les volontés d’Etaix. Comme tout film à sketch, il connaît ses ratés, ses moments faibles où l’on voit que ce comique a un peu vieilli, et ses moments d’anthologie, comme 10 minutes à se rouler par terre où Pierre Etaix se retrouve téléporté dans un univers publicitaire et y met un peu le souk. A part ça, il y aura une lecture de roman un peu étrange, une séance de cinéma où il est difficile de trouver une place, un médecin et des médicaments dur à prendre, et un pique-nique difficile.

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